A quelle réalité contemporaine correspondrait l'Etat de nature?
Au risque de paraître trop catégorique : aucune. Dans le monde contemporain, même la dernière tribu découverte, il y a quelques années, qui demeurait intouchée et inconsciente du monde extérieur (nous en somme), s'était constituée en... tribu. Autrement dit, un Etat civil.
On peut en effet se baser sur différents textes et auteurs pour dire ce qu'est l'Etat de nature. A priori, c'est l'exclusion de toute société civilement formée. Philosophiquement, on pourrait même admettre que, dès qu'il y a culture, la nature disparaît. Or, je ne pense pas qu'il existe des hommes incivilement constitués, encore moins qui soient dépourvus de culture (au sens large du terme, pas "la culture c'est de la confiture...").
A fortiori, quelques éléments de l'Etat de nature demeurent dans l'Etat civil, de manière logique et inévitable. L'homme n'est pas passé de l'un à l'autre, il a évolué. En ce sens, on peut admettre qu'il a conservé son droit naturel (dans ton cours, je ne développe pas ;p), fortement présent dans nombre de constitutions, déclarations de droits, codes civils etc. .
De l'Etat de nature, l'homme aura sans doute conservé quelques traits de caractère. Si l'on en croit Rousseau, l'homme a l'état originel dispose de ce qu'il nomme l'amour de soi qui est en somme un amour de tout homme, la générosité innée qui rend l'être humain si bon. De fil en aguille, il s'est mué en amour propre qui n'est que la dégénérescence du premier, à savoir un amour unilatéral de sa personne, avec l'attente que les autres nous préfèrent à eux-mêmes : l'égoïsme social conçu d'après Rousseau.
De cette théorie naît l'insociable sociabilité de Kant (rien de moins qu'un fidèle de Rousseau). Sa théorie, quoiqu'on en pense, est encore reconnue valable aujourd'hui et explique dans les grandes lignes que l'homme à l'Etat de nature n'a besoin de personne et peut vivre avec tous en paix, dans une solitude restreinte ; tandis qu'à l'Etat civil, il doit partager son espace et sa vie avec ses semblables, dont il a besoin autant qu'ils l'insupportent. Un attrait paradoxal en soi, qui fait que l'homme est si perfectible. Il se pousse, par sa nature même à se supporter et s'insupporter, à l'excellence, d'où naissent toutes les grandes inventions.
Pour la dernière partie, je ne suis pas sûr qu'elle rentre dans ton sujet, le reste c'est sûr. Développe, je n'ai mis que le nécessaire.